Il n’est pas encore 8h00 dans le Néguev occidental quand l’alerte Couleur rouge retentit. Le bus scolaire arrivait juste à l’école primaire de Shkamim Maoz, à Sdérot. Le chauffeur et les enfants courent s’abriter dans un abribus blindé. 3 enfants, paralysés par la peur, sont bloqués au milieu de la route, hurlant, incapable de faire le moindre mouvement. 2 adultes les attrapent et les portent jusqu'à l’abri. La ½ heure suivante, une dizaine de roquettes atterrissent sur Sdérot. L’une d’elle tombe sur la maison du chauffeur de bus Elie Cohen, causant des dégâts importants, alors que sa mère et sa sœur s’étaient abritées dans la pièce renforcée. Pratiquement au même moment, une roquette frappe la route menant à une usine de la ville, l’endommageant. Durant la journée, plus de 20 Qassam explosent en ville. A 17h50, Alon Davidi, du Comité pour un Sdérot Sécurisé, organise une manifestation. Durant cette journée, les habitants du kibboutz de la région de Shaar Hanegev reçoivent également une dizaine de roquettes. Pourtant, les élèves du collège universitaire Sapir de cette région continuent de prendre le soleil assis dans l’herbe. Les étudiants qui font la queue à la cantine ne discutent que du menu du jour, seules 5 étudiantes bédouines parlent des roquettes Qassam. Certains étudiants toutefois ont rebroussé chemin le matin quand ils ont entendu l’alerte. Malgré cela, le collège a doublé le nombre d’inscriptions lors des 7 dernières années, et les inscriptions pour 2008-2009 arrivent chaque semaine. Le Président du collège Sapir, Zeev Zahor, essaye de paraître fort, mais il admet que la situation n’est pas facile. Dans la soirée, des roquettes Qassam ont explosé dans le complexe du collège et une jeune femme, choquée, a reçu des soins. Un volontaire du kibboutz de la région d’Eshkol raconte l’explosion d’un obus de mortier qui a détruit un vieux ficus devant la salle à manger du kibboutz. Vitek raconte que les kibboutzniks autour de lui ont continué de manger. « Mais cela se comprend. Que pourraient-ils faire ? Où pourraient-ils aller ? » Ehud Olmert, Réunion du Cabinet ministériel (20 janvier 2008) : « Nous devons être sensibles aux conséquences des tirs incessants de roquettes sur les résidents de Sderot et des alentours, à leur vie quotidienne et à l’anxiété à laquelle ils sont soumis et la peur constante des attaques. On ne peut pas mesurer cette détresse qu’en nombre de blessés, mais il faut tenir compte de l’effet accumulé et de l’atmosphère très lourde qui pèse quotidiennement sur les résidents. » |