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Paris - Reference Pages

Joyeux Pourim !
14 Adar – 10 mars 2009

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Rouleau d’Esther (Meguilat Esther)


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Début du rouleau d’Esther

Le 14 Adar du calendrier hébraïque (15 Adar pour les villes fortifiées), les Juifs célèbrent la fête de Pourim, la fête de la reine Esther et de son oncle Mardochée (Mordehaï) qui ont déjoué le plan d’extermination d’Aman, le vizir du roi perse Assuérus, au 5ème avant J.-C. Pourim signifie en perse « sorts », en souvenir dut tirage au sort qu’Aman avait effectué pour définir la date d’extermination des Juifs (13 Adar).

 

En Israël, c’est une journée très festive : les écoles sont fermées, les enfants se déguisent (certains adultes aussi), les journaux publient des canulars (comme un 1er avril), tout le monde fait beaucoup de bruit, notamment avec des crécelles, et l’on fait un festin, de préférence arrosé (c’est la seule fête où l’on peut être ivre, afin de ne plus distinguer entre le béni Mardochée et le maudit Aman [Talmud Méguila 7b]).

 

Ce jour-ci, on fait aussi des cadeaux aux amis (sous forme de mets), une aumône particulière aux pauvres, on jeûne la veille et on lit le rouleau (parchemin) d’Esther (Meguilat Esther) la veille de la fête et le jour même. La lecture du rouleau d'Esther est ponctuée par les interventions bruyantes des auditeurs chaque fois que le nom d'Aman est prononcé, à grand renfort de crécelles et en tapant le sol avec ses pieds. Toutefois, ce chahut, qui ne doit pas empêcher l’écoute attentive du texte, s’arrête à la mention de la mort d’Aman (car « Quand ton ennemi tombe, ne te réjouis pas »).

 

Ecouter une conférence sur Pourim par le rabbin Claude Sultan sur le Campus numérique juif AKADEM : http://www.akadem.org/sommaire/index_sommaire.php


Contexte historique

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La reine Esther par le peintre Charles Filoni (zal)


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Le déguisement préféré des petites filles à Pourim : la reine Esther !

Au VIème siècle avant J.-C., les Babyloniens conquièrent la Judée, détruisent le premier Temple de Jérusalem, destituent les Juifs de leur souveraineté et expulsent une grande partie du peuple juif de son royaume. C’est la première diaspora juive. De nombreux Juifs sont exilés en Babylonie, alors sous domination perse, dont l’Empire allait jusqu’en Inde et en Ethiopie. Même si une partie du peuple juif est revenu en Israël sous le règne du Roi perse Cyrus (à partir de -538) et a reconstruit le Temple (second Temple), une autre est demeurée en Babylonie. Pourim se situe sous le règne du Perse Assuérus, roi de Babylonie, qui résidait à Suse.


Histoire de Pourim
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Le festin d’Esther par Rembrandt (17e siècle)

La troisième année de son règne, Assuérus (Xerxès Ier, fils de Darius) a répudié sa femme Vachti sur les conseils d’Aman. Il cherche une nouvelle femme et fait réunir plusieurs belles jeunes filles. Parmi celles-ci, Esther, la seule à ne faire aucun effort pour plaire au roi, attire les sympathies de tous et est choisie. C'est une orpheline juive, élevée par son oncle Mardochée. Elle devient reine et, suivant le conseil de Mardochée, ne fait pas connaître son origine.

 

Mardochée découvre un complot contre le roi et l'en prévient par le truchement d'Esther. Or Assuérus a élevé Aman au plus haut rang de la hiérarchie, et tout le monde doit se prosterner devant lui. Mardochée refuse. Courroucé contre Mardochée, Aman veut exterminer tous les Juifs. Il procède à un tirage au sort qui désigne le 13 Adar comme date propice au massacre. Il les dénigre auprès du roi, le persuade de donner son accord, et, le manipulant, obtient de lui les pleins pouvoirs et un décret royal d'extermination de tous les Juifs. Ce décret est publié dans la totalité de l'empire et annonce que toute la population doit se tenir prête à la date susdite (il y eut en fait 2 décrets : un à destination des notables, qui demandait de préparer minutieusement l'extermination totale des Juifs, et l'autre adressé à toute la population, lui enjoignant de se tenir prête à la date fixée, sans autre précision).

 

Mardochée fait dire à Esther d'intercéder auprès du roi pour sauver son peuple. Après quelques hésitations, elle accepte mais lui demande de faire décréter d'abord un jeûne de trois jours dans la communauté juive de Suse. Le troisième jour, Esther, au péril de sa vie (ne peut se présenter devant le roi que celui qui y est appelé), invite le roi et Aman à une fête intime. Au cours du banquet, Assuérus lui demande ce qu'elle désire et Esther ne répond pas. Elle lui dit qu’elle lui fera connaître sa requête le lendemain, lors d’un autre banquet où elle invitera également Aman.

 

Aman sort du banquet royal gonflé d'orgueil et de joie. Croisant Mardochée qui ne s'incline pas devant lui, il est pris d'une fureur irrésistible. La nuit même, il érige une potence et attend le lever du jour pour recevoir du roi l'autorisation d'y pendre Mardochée. La même nuit, Assuérus, ne comprenant rien à la signification du dîner offert par Esther, est inquiet et ne parvient pas à s'endormir. Il ordonne à ses serviteurs de lui lire les Annales. Comme par hasard, le livre est ouvert à la page où est consigné le bienfait de Mardochée, c'est-à-dire la découverte d’un complot contre le roi.

 

Le roi veut le récompenser au plus tôt. A l'aube, Aman se présente devant le souverain qui, ne lui laissant pas le temps de formuler sa requête, veut connaître quelle rétribution il proposerait pour un homme de mérite. Aman, croyant qu'il s'agit de lui-même, propose qu'on le fasse chevaucher en tenue royale dans la capitale pendant qu'un dignitaire proclamerait à ses côtés : « Voilà ce qui se fait pour l'homme que le roi veut honorer ! » Assuérus dit à Aman que les honneurs sont destinés à Mardochée et que le dignitaire sera Aman en personne. L'ordre est exécuté.

 

Sans avoir eu le temps de se remettre de sa honte, Aman doit se rendre au deuxième banquet d'Esther. Au cours de celui-ci, Esther révèle au roi qu'elle est juive et accuse Aman de tramer un complot contre la reine et son peuple. Assuérus, sous l'effet de la surprise, est pris d'une rage folle (il avait déjà donné son accord à Aman). Dans son désarroi, il quitte la salle. Aman, saisi de panique implore la pitié d'Esther et trébuche sur le divan. Le roi revient et, croyant qu'Aman faisait la cour à la reine, se fâche de plus belle. Un serviteur révèle qu'Aman avait préparé une potence pour Mardochée (qui avait sauvé la vie du roi) et, immédiatement, Aman y est pendu. Assuérus, apprenant que Mardochée est l'oncle de la reine, le nomme premier vizir à la place d'Aman.

 

Sous l'influence d'Esther et de Mardochée, le roi établit de nouveaux décrets proclamant le 13 Adar comme journée d'autodéfense pour les Juifs. Le 14 Adar, lendemain de la victoire, devient, à la place d'un jour de deuil, un jour de fête. Tous ces faits sont consignés par Mardochée et Esther dans un mémoire s'intitulant la Meguila (le rouleau) d'Esther.

 


L’enseignement derrière l’histoire

La stratégie d'Aman est celle de tous les antisémites : médisance et calomnies préparent l'opinion publique, alors qu'un plan diabolique est mis en place secrètement.

 

Il y a deux grands types d’hostilité envers les Juifs au long des siècles :

- Ceux dont la haine n’est pas dirigée précisément contre le Juif en tant que tel, mais est plutôt l'expression du souci de sauvegarder un monopole politique et culturel.

- Ceux, au contraire, dont l’hostilité s’ancre dans une haine irraisonnée et illimitée visant l'être même du Juif et son mode de vie. Aman, descendant d'Amalek en est le stéréotype.

La Torah fait une nette distinction entre ces deux genres d'ennemis. Alors qu'envers les premiers, elle exige une grande tolérance (voir Deutéronome chap. 23, vers. 8), face aux seconds, elle nous enjoint une opposition sans faiblesse (Exode chap. 17, vers. 8-16, et Deutéronome chap. 25, vers. 17-19).

 

Quoique les Egyptiens aient causé beaucoup plus de mal aux Juifs que les Amalécites (tribu d’Amalek qui s’est toujours acharné contre les Hébreux et dont descend Aman), la Torah savait qu'ils avaient agi par appréhension et jalousie plutôt que par haine (Exode chap. 1, vers. 9-10). Quant aux Amalécites, ils n'avaient aucun intérêt personnel à attaquer les Juifs : leur unique motif était de les anéantir ou tout au moins de rabaisser leur prestige.

Dans le judaïsme, les Amalécites, descendants d’Amalek, représentent l'ennemi archétypal des Juifs. On parle d’Amalek comme étant l’incarnation du Mal. Ce n'est pas dans un esprit de vengeance que la Torah stigmatise Amalek, c'est plutôt pour nous mettre en garde contre de nouvelles attaques de sa part. On dit qu’à chaque génération, un Amalek se lève, et donc qu’à chaque génération, il faut être en prise avec le mal.



Recette traditionnelle de Pourim : les oreilles d’Aman
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Les oreilles d’Aman

Ingrédients :

Pour la pâte :

2/3 tasse de margarine/beurre

1/2 tasse de sucre

1 œuf

1/2 cc vanille

2 1/2 à 3 tasses de farine

1/2 paquet de levure chimique

1 pincée de sel

 

Pour la farce :

2 tasses de graines de pavot moulues

1 tasse de lait

3/4 tasse de miel

zeste d’un citron râpé

1/2 tasse de raisins secs

 

Préparation :

Pour la pâte mélangez le sucre et la margarine ou le beurre ramolli, ajoutez l'œuf. Ajoutez sel, vanille farine et levure. Formez une boule, mettre au frais au minimum 2 heures.

Pour la farce mélangez les graines de pavot au miel et au lait, faire cuire à feu doux en remuant jusqu'à épaississement. Ajoutez les raisins et le zeste.

Divisez la pâte en quatre. Etalez chaque morceau finement sur un plan fariné. Découpez la pâte à l'aide d'un verre. Déposez une cuillère à café de farce au milieu de chaque cercle. Façonnez en triangle et rabattez les côtés pour former une petite poche.

Préchauffez le four à 190 degrés. Badigeonnez les poches avec un œuf battu avant d'enfourner sur une plaque graissée. Cuire environ 20 minutes.

 

 

Sources : Ministères israélien des Affaires étrangères, Lamed, Modia, Consistoire, Ambassade d’Israël en Belgique et au Luxembourg

 

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