 | | (Cliquez pour agrandir) | Tsipi Livni à la 7ème conférence d’Herzliya, 22 janvier 2007 |
Le 22 janvier, Tsipi Livni a prononcé un discours lors de la 7ème conférence d’Herzliya organisée par l’Institut de Politique et de Stratégie de cette ville. La conférence d’Herzliya est devenu un événement annuel au cours duquel les figures majeures israéliennes de la politique, de la défense, de l’économie, du monde académique, des médias, ainsi que des diplomates étrangers et des organisations juives de Diaspora, s’expriment. Vision de l’Etat juif et Constitution israélienne Dans son discours, la ministre israélienne des Affaires étrangères a parlé de l’Etat d’Israël comme « de l’expression d’une vision et d’un but communs, basé sur des valeurs démocratiques partagées ». Cependant, a-t-elle poursuivi, « nous avons rencontré récemment un besoin de reformuler et de réaffirmer nos objectifs, un besoin de réaffirmer la création d’un credo commun pour faire d’Israël une société unie ». « La vision de l’Etat d’Israël tel que définie dans la Déclaration d’Indépendance demeure. Cependant, nous devons réaffirmer la conscience collective que nous en avons (…), promouvoir l’Etat comme la patrie du peuple juif et comme nation démocratique, ces deux valeurs coexistant et ne se contredisant pas, un pays dans lequel nous considérons privilégié d’y vivre, un pays vivant en sécurité avec ses voisins. A la lumière de cet objectif, nous devons établir des buts pratiques, viables. Ces buts doivent être protégés par une constitution. L’Etat d’Israël doit établir une constitution officielle. » Liban La guerre au Liban nous a révélé d’âpres vérités et laissé voir le besoin de réparer ce que nous pensions intact, la source de notre fierté, notre propre armée. Néanmoins, je n’ai aucun doute sur le fait que nos militaires seront capables de se restructurer de façon adéquate. N’oublions pas toutefois ce que nous avons gagné de cette guerre : l’armée libanaise contrôle maintenant le Sud du Liban, et un embargo sur les armes a été imposé au Liban. Ces points sont favorables pour Israël. » Conflit israélo-palestinien « Le conflit continu avec les Palestiniens doit trouver une résolution, mais j’ai confiance dans la société israélienne et dans mon pays, car Israël est une nation forte qui a enduré des temps difficiles auparavant. Il est important de se rappeler qu’à côté de toute nouvelle menace qui émerge, il y a aussi des opportunités qui se cachent. La compréhension de l’intérêt national d’Israël comme un Etat-nation pour le peuple juif requiert que nous acceptions le principe de « deux Etats pour deux peuples ». L’Etat d’Israël est la patrie du peuple juif, et l’Etat palestinien est la seule et unique solution au problème des réfugiés palestiniens. Dans chaque processus que nous entreprenons, il est de notre devoir d’assurer la sécurité de nos citoyens et d’empêcher l’établissement d’un Etat terroriste à côté de nous. La sécurité nationale est centrale pour l’Etat d’Israël. (…) Israël, naturellement, préfère la voie de la négociation. Toutefois, tout accord doit être signé en prenant en considération deux choses : premièrement, si le traité signé venait à être violé, la sécurité de l’Etat ne doit pas en être compromise ; deuxièmement, nous devons évaluer au préalable les chances que les négociations aboutissent à un accord viable. Cette évaluation nécessite de rassembler des informations, et nous avons dans ce but le renseignement militaire. Cependant, il existe un autre type de renseignement, celui que nous pouvons obtenir de la partie adverse en nous parlant. Ces rencontres sont importantes non seulement pour nous écouter les uns les autres, mais aussi pour exprimer notre position et nos principes de façon à ce que l’autre partie sache ce qu’elle peut attendre de nous. Menaces régionales En évaluant la présente situation, nous devons prendre en compte l’arrivée du Hamas au pouvoir, la menace posée par le Hezbollah, la menace iranienne et les nouvelles tendances extrémistes dans la région. Tous ces éléments peuvent changer le type de conflit auquel nous faisons face, et transformer un conflit national en une guerre religieuse. Nous partageons ce problème avec les Palestiniens modérés, les pays arabes modérés et le monde libre dans son ensemble. Dans les circonstances actuelles, les négociations sont le meilleur intérêt d’Israël aussi longtemps que la partie adverse sait que nous n’hésiterons pas à utiliser la force s’il le faut. Nous devons faire la distinction entre les négociations et les concessions. (…) La menace iranienne et la guerre au Liban montrent que l’Iran est la réelle menace régionale. Le conflit israélo-palestinien n’est pas la cause de l’extrémisme dans la région, et sa résolution n’aura aucun effet sur l’idéologie radicale dont l’origine est ailleurs. Alors que nous nous efforçons de faire un front commun avec les modérés de la région, nous devons également créer un front avec le reste du monde libre avec lequel nous partageons valeurs et intérêts. Dans le passé, nous avons attendu de la communauté internationale qu’elle reste loin de nos affaires ; désormais, nous lui demandons sa participation. Nous souhaitons qu’elle soutienne les dirigeants modérés qui ont des valeurs communes. |