La Shoah continue d’alimenter les interrogations mais aussi le travail des historiens. Après la résistance, la collaboration, les Justes, il reste un aspect historiographique de cette période qui demeure encore peu connu du grand public : il s'agit de la résistance juive (Dominique de Villepin y a fait mention lors de son discours au dîner du CRIF le 23 janvier dernier). Tsilla Herschko, historienne et chercheur au Centre Begin-Sadat d'études stratégiques de l'Université de Bar Ilan, spécialiste des relations franco-israélienne, parle, dans un article paru dans Guysen du 15 janvier dernier, de ces structures de sauvetage autonomes que la communauté juive en France a dû organiser. Elle écrit : « Il est important de souligner que les membres du mouvement de Résistance juive en France durent mener le combat et contre les nazis et contre les collaborateurs français. Ils sauvèrent ainsi plusieurs milliers d’enfants et d’adultes, en distribuant des faux papiers, en trouvant des cachettes pour des adultes et des enfants et en évacuant des convois de Juifs vers la Suisse et l’Espagne. Ils constituèrent des groupes de guérilla dans les villes de France et des groupes de maquis dans les campagnes. Dans cette action menée pour le sauvetage des Juifs, ils reçurent un soutien significatif de la part de religieux et d’institutions protestantes et catholiques de France. Ils participèrent aux combats pour la Libération dans le cadre des Forces françaises libres (FFL) et, après les combats, furent officiellement reconnus et décorés par les autorités françaises. Fidèles à leur rêve sioniste et mus par un sentiment de responsabilité envers le peuple juif, des membres de l’Organisation juive de combat (OJC) participèrent à la fin de la guerre, au combat pour la création de l’État d’Israël. (…) La Résistance juive organisée fut, en fait, la cheville ouvrière du sauvetage des Juifs : ses membres furent les premiers à faire du sauvetage le fer de lance de leur action. Ce furent eux qui, à plusieurs occasions, prirent l’initiative des contacts avec des institutions chrétiennes et des particuliers. Ils fournirent des faux papiers aux enfants et aux adultes cachés, acheminèrent des fonds et apportèrent des tickets alimentaires pour l’entretien des enfants cachés. » |