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Dîner du CRIF, 23 janvier 2007 – Dominique de Villepin et Roger Cukierman à propos d’Israël
Dominique de Villepin, extraits

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Le Premier ministre Dominique de Villepin au dîner du CRIF, 23 janvier 2007 (© 2007 Erez Lichtfeld)

 

Diaporama de la soirée sur le site du photographe Erez Lichtfeld


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Ségolène Royal et Daniel Shek, Ambassadeur d'Israël en France (© 2007 Erez Lichtfeld)

Pour sa 22ème édition, le dîner du CRIF a accueilli le mardi 23 janvier 2007 toute la classe politique dirigeante, de droite comme de gauche.

 

Extraits du discours du Premier ministre Dominique de VILLEPIN :

 

Dominique de Villepin a réaffirmé l’amitié entre la France et Israël, « un atout », « une chance », rappelant le chemin parcouru en 4 ans : les relations politiques entre les deux pays n’ont cessé de se renforcer, avec de nombreuses rencontres bilatérales tant en France qu’en Israël au plus haut niveau ; et plusieurs projets ont vu le jour, comme la création de la Fondation France-Israël [lire une présentation des relations France-Israël].

 

Evoquant le conflit israélo-palestinien, le Premier ministre français a jugé que « pour rétablir la confiance, il y a deux impératifs : la libération du soldat, Gilad Shalit, français et israélien, enlevé au début de l’été et dont j’ai demandé à être régulièrement informé, ainsi que l’arrêt des violences ».

 

En ce qui concerne le Hezbollah libanais, Dominique de Villepin a rappelé l’importance de la résolution 1701 et dit l’engagement de la France « pour soutenir la pleine application de cette résolution, qui suppose notamment la libération des deux soldats israéliens toujours détenus, le désarmement des milices, le respect de l’embargo sur les armes et celui de la souveraineté du Liban. » Il a d’ailleurs déclaré, à propos de la Syrie, qu’elle devait « coopérer pleinement avec la communauté internationale à travers le Conseil de Sécurité de l’ONU, et qu’elle renonce à sa politique de déstabilisation du Liban. »

 

Il a condamné les propos du Président iranien et a partagé « les préoccupations légitimes d’Israël face aux déclarations inacceptables et aux appels à la haine » de ce président, ajoutant : « Nous ne pouvons pas accepter que l’Iran se dote d’une capacité nucléaire militaire. » « Si l’Iran ne se conforme pas à ses obligations, a-t-il poursuivi, des mesures supplémentaires seront examinées. Soyez assurés de notre vigilance et de notre détermination sur ce dossier majeur pour notre sécurité et la sécurité d’Israël. »

 

En conclusion, Dominique de Villepin a déclaré : « Je veux redire ici avec force : la France ne transigera pas avec la sécurité d’Israël. La France sera toujours aux côtés d’Israël, pour réaffirmer notre refus absolu du terrorisme, du fanatisme, de la violence et de l’intolérance. »

 

Lire tout son discours


Roger Cukierman, extraits

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Le Président du CRIF Roger Cukierman (© 2007 Erez Lichtfeld)

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Le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy et Roger Cukierman (© 2007 Erez Lichtfeld)

Antisémitisme et antisionisme

Evoquant la vague d’antisémitisme initiée dans les années 2000, Roger Cukierman parle de « manifestations mélangeant l’hostilité aux Juifs à la haine contre Israël. C’était le temps de la plus grande vague d’actes antisémites en France depuis la 2ème Guerre mondiale. (…) L’année suivante, j’évoquais une alliance brun, vert, rouge, et un antisionisme qui contribue à l’antisémitisme. Certains en ont été offensés. Si j’ai blessé certaines consciences, j’ai aussi contribué à une plus grande sensibilité aux conséquences de l’antisionisme. »

 

Francophonie

Autre sujet de prédilection du Président du CRIF, la francophonie : « Vous savez, Monsieur le Premier Ministre, qu’un cinquième de la population israélienne est francophone. Quand donc l’Etat d’Israël sera-t-il enfin admis au sein de l’Organisation Mondiale de la Francophonie ? Son Secrétaire Général, Monsieur Abdou Diouf, nous a dit y être favorable. La France joue un rôle prépondérant dans cette organisation, par son prestige et par le financement de 80 % de son budget. Ne peut-elle imposer cette décision aux rares opposants qui sont les débiteurs de notre pays à bien des égards ? »

 

Jérusalem

Roger Cukierman rappelle les liens du peuple juif à sa capitale éternelle : « Pouvons-nous espérer que la France devienne enfin la première grande puissance à reconnaître un fait réel : Jérusalem est la capitale de l’Etat d’Israël. (…). Jérusalem n’est pas pour nous l’objet d’une affection de circonstance. Jérusalem est la capitale de l’identité juive depuis des millénaires. »

 

Le conflit israélo-palestinien 

« Nous continuons d’espérer que les peuples israélien et palestinien trouveront enfin le chemin de la paix et de la compréhension mutuelle. Mais la victoire électorale du Hamas a ruiné les espoirs des plus optimistes. L’article 7 de la charte du Hamas appelle au meurtre du « Yahoud » [Juif en arabe]. Comment faire la paix avec quelqu’un qui souhaite votre disparition ? L’éradication de la haine est le préalable essentiel à la paix.

C’est  de Gaza et du sud Liban que sont parties les agressions de l’été dernier alors que ces territoires étaient précisément ceux qu’Israël avait évacués. Malheureusement, chaque retrait israélien a été interprété comme un signe de faiblesse.

 

Hezbollah

« Le Hezbollah reste une organisation infréquentable. Comment oublier l’attentat du Hezbollah contre le Drakkar à Beyrouth qui coûta la vie à 58 soldats français, ou l’assassinat de l’Ambassadeur Louis Delamare, ou celui de l’otage Michel Seurat ? Qui ne voit l’action menée par le Hezbollah depuis des années pour détruire l’indépendance libanaise ?

Aujourd’hui, des voix s’élèvent contre le survol du territoire libanais par des avions israéliens munis de caméras. Mais ces voix sont muettes sur l’inaction de la Finul concernant la libération des otages israéliens, l’interdiction de la contrebande d’arme, et le désarmement du Hezbollah. Ce sont pourtant les missions fixées par l’ONU. Elles seules donnent un sens à la présence de la Finul au Sud Liban.

 

L’Iran

Enfin, une part importante du discours du Président du CRIF était réservé à la menace iranienne : « Monsieur le Premier ministre, j’ai le souvenir de votre émotion un 16 juillet, place des Martyrs du Vél d’Hiv, à la lecture d’une lettre jetée par un enfant d’un convoi parti de Drancy. J’aurais pu être cet enfant. J’avais six ans. J’ai le souvenir de ma mère me prévenant : ²Si la police arrive, tu me dis au revoir madame et tu pars en courant. ² J’ai le souvenir de la seule gifle que j’aie reçue de mon père. Ce fut lorsque je lui ai dit que je ne m’appelais pas Roger Fabre, contrairement à ce qu’il voulait absolument m’imposer, mais Roger Cukierman. J’ai aussi le souvenir de mon père me confiant, peu après, aux bonnes sœurs qui ont sauvé ma vie au péril de la leur. J’ai pour elles une immense reconnaissance. Je n’ai pas le souvenir de mes grands parents, de mes oncles, de mes tantes, de mes cousins, de mes cousines. Je ne les ai pas connus. Tout ce que je sais d’eux c’est qu’ils ont disparu, sans sépulture, dans la chambre à gaz et le four crématoire de Treblinka.

 

Leur sort aurait-il pu être différent ?

Oui, si nos dirigeants n’avaient pas été naïfs.

Oui, si Daladier et Chamberlain avaient cru ce que Hitler annonçait dans Mein Kampf.

Oui, s’ils avaient compris qu’il y a des moments dans l’Histoire où il faut savoir dire non.

(…) Voilà un pays l’Iran qui, au mépris de la mémoire meurtrie du peuple juif, et de la vérité historique, organise un symposium négationniste mondial à Téhéran ! Monsieur le Premier ministre, quel peuple au monde peut vivre avec comme mémoire, l’histoire de sa destruction et, comme perspective d’avenir, l’anéantissement de ce qui a été reconstruit ?  

 

Et je ne peux que constater l’inaction, ou à tout le moins l’inefficacité de l’ONU, à propos du négationnisme, comme à propos des massacres innommables commis au Darfour et en d’autres lieux.

 

Monsieur le Premier ministre, le 27 janvier sera commémorée la journée mondiale de la Shoah, et de prévention des crimes contre l’humanité. La France s’honorerait si, ce jour-là, elle convoquait solennellement l’ambassadeur d’Iran, et si elle rappelait à Paris son ambassadeur. Elle pourrait suggérer, à ses partenaires européens, une initiative identique.

 

Le CRIF a commandé en novembre 2006 un sondage à la Sofres. Ce sondage montre que 80 % des Français prennent au sérieux la menace iranienne.  Et, 66 % des personnes sondées redoutent le danger nucléaire iranien pour le territoire français. Oui, les missiles iraniens peuvent viser les Européens, accusés d’être des impies, des « croisés ».

 

(…) C’est aux dirigeants des pays occidentaux qu’il incombe de prendre seuls, sans la Chine, sans la Russie, des sanctions sévères, seules susceptibles d’amener l’Iran à la raison.

 

Nos démocraties, par lâchetés successives, ont autrefois reculé devant la menace. Le mot de Churchill conserve toute sa pertinence : « Vous aviez à choisir entre la guerre et le déshonneur. Vous avez choisi le déshonneur, et vous aurez la guerre. »

 

L’analogie entre Hitler et Ahmadinejad s’impose d’évidence. Les images d’hier sont en noir et blanc. C’est la seule différence avec celles, en couleur, prises à Téhéran aujourd’hui. Les fantasmes, les calomnies, les élucubrations sont les mêmes.

 

Les Européens seraient-ils amnésiques ? Serons nous la génération ivre qui aura pensé que sans Israël ce monde chaotique tournerait mieux ? Serons nous la génération qui n’aura rien appris ? J’ose espérer que c’est la France que j’aime qui l’emportera, celle du 18 juin, celle du courage, celle de la Résistance.

 

Monsieur le Premier ministre, c’est avec gravité, avec une profonde conviction que je vous lance cet appel. Je le lance également aux candidats à l’élection présidentielle. Le serment « plus jamais ça » apparaît comme une vaine figure rhétorique. Car « ça » est en marche.

 

(…) Comme l’a dit le penseur irlandais Edmund Burke : « Pour que le mal triomphe, il suffit que les hommes de bien ne fassent rien. » Monsieur le Premier ministre, agissez ! 

 

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