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Pourquoi Israël mène-t-il des opérations militaires contre le
Liban ?
Israël fait-il un usage disproportionné de la force ?
Pourquoi Israël bombarde-t-il des immeubles et des infrastructures
civiles ?
Pourquoi Israël ne fait-il pas preuve de retenue et ne recourt-il
pas à des moyens diplomatiques avant de faire usage de la force ?
Comment Israël peut-il attendre une action du gouvernement libanais
après qu’il ait fait preuve d’inaction et d’inefficacité durant des
années ?
Pourquoi Israël dit-il que la Syrie et l’Iran sont impliqués dans le
terrorisme du Hamas et du Hezbollah ?
Qu’est-ce qui motive le Hamas et le Hezbollah, et pourquoi la Syrie
et l’Iran les soutiennent-ils ?
Comment Israël va-t-il réagir aux bombardements de
Haïfa ?
Comment Israël fera-t-il pression sur la Syrie et l’Iran ?
Il apparaît qu’Israël fait face à un conflit sur deux fronts. Ces
deux fronts sont-ils liés, en réalité ?
Israël a déclaré qu’il ne négocierait pas avec le Hamas ; mais qu’en
est-il du Hezbollah ?
Quelles sont les voies diplomatiques disponibles
pour mettre fin à cette crise ?
Pourquoi Israël mène-t-il des opérations militaires contre le
Liban ?
Sans la moindre
provocation de sa part, Israël a subi une attaque transfrontalière
en provenance du territoire libanais. L’attaque a été perpétrée par
le Hezbollah, qui fait partie du Gouvernement du Liban. Elle était
dirigée contre des citoyens israéliens – citoyens et soldats – qui
se trouvaient sur le territoire israélien souverain. Dans ces
circonstances, Israël n’a pas d’autre alternative que de se défendre
et de défendre ses citoyens. C’est pour cette raison qu’Israël
réagit maintenant à l’acte de guerre d’un Etat souverain voisin.
L’objectif de l’opération israélienne est double : libérer les
soldats enlevés et faire disparaître la menace terroriste de sa
frontière nord. Israël considère que le Liban est responsable de la
situation actuelle, et qu’il doit en subir les conséquences.
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Israël fait-il un usage disproportionné de la force ?
La proportionnalité
se mesure en fonction de l’étendue de la menace. Les actions
d’Israël ne résultent pas seulement de l’attaque injustifiée contre
Israël, ni de l’enlèvement des deux soldats. L’opération militaire
d’Israël est également dirigée contre la menace concrète et tangible
que fait peser le Hezbollah sur plus d’un million de civils dans
tout le nord d’Israël. Le Hezbollah – organisation terroriste dont
le but est la destruction d’Israël et qui contrôle le sud-Liban –
dispose de plus de douze mille missiles prêts à être tirés contre
Israël, et en a lancé des centaines durant les quelques jours
écoulés. L’usage massif de ces missiles par le Hezbollah, qui a
causé de nombreux décès de civils, des centaines de blessés et des
destructions considérables, rend nécessaires les actions d’Israël.
On peut se demander 'ce qu’auraient fait d’autres Etats s’ils
avaient été l’objet d’une menace de cette magnitude'.
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Pourquoi Israël bombarde-t-il des immeubles et des infrastructures
civiles ?
Israël ne prend pour
cibles que des installations qui servent directement aux attaques
terroristes contre Israël, perpétrées par les organisations
terroristes. Par exemple, Israël s’en est pris à l’Aéroport
International et à l’autoroute Beyrouth-Damas, parce que le
Hezbollah les utilise pour se réapprovisionner en armes et en
munitions. Israël a également pris pour cibles des immeubles, tel
celui des studios de télévision du Hezbollah, qui servent de moyen
vital de communication pour les activistes terroristes.
Malheureusement, les terroristes se sont volontairement cachés et
ont stocké leurs missiles dans des zones d’habitation, mettant ainsi
en danger les populations alentour. En fait, beaucoup des missiles
récemment tirés contre Israël ont été emmagasinés dans des
habitations privées et tirées de ces dernières, expropriées par des
terroristes du Hezbollah, qui veulent ainsi protéger leurs actions
derrière un bouclier humain de civils, pour empêcher une riposte
d’Israël. Malgré cette cruelle exploitation de civils, Israël prend
grand soin de réduire au minimum le risque auquel la population est
exposée – souvent aux dépens d’avantages opérationnels. Par exemple,
des tracts sont lancés pour inciter les habitants à éviter certaines
installations du Hezbollah, même si cet avertissement préalable
réduit l’élément de surprise dont eût pu bénéficier Israël.
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Pourquoi Israël ne fait-il pas preuve de retenue et ne recourt-il
pas à des moyens diplomatiques avant de faire usage de la force ?
Israël a fait preuve
de retenue durant plus de six ans. En mai 2000, Israël a pris la
difficile décision de se retirer complètement du sud-Liban, après
avoir été contraint, quelques années plus tôt, d’y créer une zone de
sécurité pour empêcher les attaques terroristes et les tirs de
roquettes contre les villes israéliennes. Le Conseil de Sécurité de
l’ONU a reconnu qu’Israël s’était entièrement retiré du sud-Liban,
en pleine conformité avec la Résolution
425. Le Gouvernement libanais avait alors l’occasion de prendre
le contrôle total du sud et de définir une frontière pacifique avec
Israël. Au lieu de cela, il a préféré céder à la terreur que de la
vaincre, et il a permis au Hezbollah d’occuper les régions contiguës
à la frontière et de constituer un énorme arsenal de roquettes et de
missiles.
A plusieurs
reprises, Israël a formulé des avertissements et demandé à la
communauté internationale d’inviter le Liban à imposer sa loi au
Hezbollah, et d’obliger ses hommes armés à quitter les positions
qu’ils occupent près de la frontière, et à démanteler leurs stocks
de missiles. Malheureusement, le Liban n’a pas tenu compte des
demandes de la communauté internationale d’exercer sa souveraineté
et de désarmer le Hezbollah, et aujourd’hui, le peuple libanais
doit, hélas, supporter les conséquences de l’inaction de son
gouvernement.
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Comment Israël peut-il attendre une action du gouvernement libanais
après qu’il ait fait preuve d’inaction et d’inefficacité durant des
années ?
La diminution
récente de la présence militaire syrienne au Liban a laissé à
Beyrouth plus de liberté d’action pour servir les intérêts libanais,
pourtant, jusqu’ici, aucune mesure n’a été prise à l’encontre du
Hezbollah.
Le Gouvernement du
Liban porte la responsabilité de la menace que constitue le
Hezbollah. Il a conféré une légitimité officielle au Hezbollah et a
permis que ses opérations armées se déroulent sans entraves. Le
Hezbollah n’aurait jamais obtenu les missiles et l’équipement
militaire dont il dispose, si le gouvernement libanais n’avait
permis que ces armements parviennent au Liban.
Il est de la
responsabilité du Gouvernement du Liban de remplir son obligation,
en tant qu’Etat souverain, d’étendre son contrôle à tout son
territoire, comme le demandent les résolutions
425 et
1559. Par son opération, Israël espère faire pression sur le
Gouvernement de Beyrouth pour qu’il agisse, et faciliter son action
en lui assurant l’encouragement international et les conditions
favorables au désarmement du Hezbollah et au déploiement de l’armée
libanaise au sud, jusqu’à la frontière entre Israël et le Liban.
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Pourquoi Israël dit-il que la Syrie et l’Iran sont impliqués dans le
terrorisme du Hamas et du Hezbollah ?
La Syrie héberge
dans sa capitale, Damas, les quartiers généraux d’un certain nombre
de groupes terroristes djihadistes palestiniens, dont le Hamas. Elle
abrite et soutient, sur le plan logistique, le dirigeant du Hamas,
Khaled Mashaal, qui a vécu à Damas pendant des années. De Damas,
Mashaal dirige, des terroristes qui, de l’intérieur des territoires
palestiniens, perpètrent des attaques incessantes contre Israël et
ses citoyens, dont des bombardements contre le sud d’Israël avec des
missiles Qassam, et la récente infiltration et le kidnapping du
soldat israélien, Guilad Chalit. La Syrie apporte également son aide
au Hezbollah, sous forme, entre autres, de transfert d’armes, de
munitions et de militants, qui sont acheminés par l’aéroport de
Damas et les passages frontière entre la Syrie et le Liban. Le
Hezbollah serait incapable d’agir au Liban sans un parrainage
syrien.
L’Iran est le
principal bienfaiteur du Hezbollah. Il fournit à cette organisation
les fonds, les armes, les directives, et même l’encadrement iranien
(les 'Pazdaran', ou Gardiens de la Révolution). Les missiles à
longue portée qui ont frappé les villes israéliennes de Haïfa et
Carmiel (le 13 juillet) ont été fabriqués par l’Iran, comme c’était
le cas du missile téléguidé tiré contre un navire israélien
lance-missiles, au large de la côte libanaise. D’une manière
générale, le Hezbollah est purement et simplement une arme du régime
djihadiste de Téhéran. L’Iran a également accru de manière
considérable son influence à l’intérieur de l’organisation
terroriste palestinienne, et au sein des Brigades d’al-Aqsa (Fatah),
et du groupe Iz a-Din al-Qassam (Hamas). Il assure le financement,
la formation technique et les directives opérationnelles de leurs
cellules terroristes.
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Qu’est-ce qui motive le Hamas et le Hezbollah, et pourquoi la Syrie
et l’Iran les soutiennent-ils ?
Le Hamas et le
Hezbollah sont mues par une idéologie djihadiste extrémiste, qui
appelle à la destruction immédiate de l’Etat d’Israël, et qui
s’inscrit dans l’effort international pour mener une 'Guerre Sainte'
contre le monde occidental 'infidèle', et ce afin de faire prévaloir
leur version radicale de l’islam d’un bout à l’autre du globe.
La Syrie et l’Iran
soutiennent ces groupes, non seulement parce qu’ils approuvent leur
idéologie, mais aussi parce que ces organisations constituent, pour
Damas et Téhéran, un moyen de renforcer l’influence de leur régime
respectif et de détourner l’attention d’autres problèmes qui leur
ont valu récemment des pressions internationales. La Syrie fait face
à une critique croissante pour son implication dans le meurtre de
Rafik Hariri et son interférence dans les affaires libanaises.
L’Iran est l’objet d’une pression, qui va en s’élargissant, à propos
de son programme de développement nucléaire. De plus, la communauté
internationale dénonce ces deux régimes pour leur sinistre bilan en
matière de droits de l’homme.
Par conséquent,
Israël considère le Hamas, le Hezbollah, la Syrie et l’Iran comme
les acteurs fondamentaux de l’Axe du Djihad Terroriste qui menace
non seulement Israël, mais tout le monde occidental.
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Comment Israël va-t-il réagir
aux bombardements de Haïfa ?
Les centaines d’attaques de roquettes, lancées en ce moment depuis
le Liban par le Hezbollah contre Haïfa et le nord d’Israël, et au
cours desquelles douze civils ont été tués et des dizaines d’autres
blessés, devraient dissiper une fois pour toute la légende populaire
qui dépeint le Hezbollah comme une force de guérilla mal équipée.
Créé dans les années 1980 et agissant par procuration pour le compte
de l’Iran afin de perpétrer les actes hostiles de ce pays contre
Israël – sans considération pour la souveraineté libanaise et en
violation de cette dernière – le Hezbollah a reçu des envois énormes
d’armement moderne haut-de-gamme provenant de l’arsenal iranien,
transbordés en passant par la Syrie.
Un
officier de haut rang de l’armée iranienne déclarait dimanche au
journal en langue arabe, Al-Sharq al-Awsat, que les Gardes
Révolutionnaires de la République islamique [les Pasdaran] avaient
établi des dizaines de bases de lancement de roquettes et de
missiles dans la Vallée du Liban et le long de la frontière avec
Israël. Entre 1992 et 2005, le Hezbollah a reçu quelques 11.500
missiles et roquettes à courte et moyenne portée. Cet officier
ajoutait que le Hezbollah possédait quatre types de missiles sol-sol
modernes : des « Fajr » [victoire], d’une portée de 100 km, des
« Iran 130 », d’une portée de 90-110 km, des « Shahin », d’une
portée de 150 km, et des roquettes de 355 mm de diamètre, également
d’une portée de 150 km. Le vendredi 14 juillet au soir, le Hezbollah
a fait preuve d’une capacité, jusqu’alors inconnue, en tirant sur un
navire israélien un missile mer-terre sophistiqué, guidé par radar,
de fabrication iranienne, tuant quatre soldats.
Face à cette grave agression de la part du Hezbollah, Israël fera
tout le nécessaire afin d’éloigner la menace terroriste de ses
centres de population, comme le ferait tout autre pays dans des
circonstances similaires.
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Comment Israël fera-t-il pression sur la Syrie et l’Iran ?
Il existe un large
consensus, sur la scène internationale, à propos du fait que le
terrorisme djihadiste constitue une menace mondiale qu’il faut
combattre avec détermination et fermeté. Israël a été en contact
intensif avec des gouvernements étrangers et des organisations
mondiales, pour coordonner la pression à exercer sur ces régimes, et
faire en sorte qu’ils comprennent que le prix qu’ils auront à payer,
sur le plan international, pour leur soutien du terrorisme, sera
insupportablement élevé.
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Il apparaît qu’Israël fait face à un conflit sur deux fronts. Ces
deux fronts sont-ils liés, en réalité ?
Dans sa conférence
de presse qui a suivi l’attaque du 12 juillet, le Secrétaire-Général
du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a présenté la liste de ses exigences
de rançon en échange de la libération des [deux] soldats
[israéliens] enlevés. Elle comprenait une demande de libération de
détenus terroristes du Hamas, ainsi que de membres du Hezbollah.
Ceci est révélateur du fait que le niveau de coordination entre ces
deux groupes de terreur djihadiste n’est pas seulement idéologique,
mais qu’il est également opérationnel.
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Israël a déclaré qu’il ne négocierait pas avec le Hamas ; mais qu’en
est-il du Hezbollah ?
A la suite de
l’attaque du 12 juillet à partir du Liban, le Premier ministre
Olmert a déclaré qu’"Israël ne céderait pas au chantage et ne
négocierait pas avec des terroristes concernant la vie des soldats
israéliens.
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Quelles sont les voies
diplomatiques disponibles pour mettre fin à cette crise ?
Israël sait bien que si les opérations militaires sont actuellement
nécessaires pour défendre ses citoyens en neutralisant la menace que
constitue l’infrastructure terroriste du Hezbollah au Liban, la
solution définitive est, bien entendu, diplomatique. A ce niveau, il
n’existe aucune différence de fond entre la position israélienne et
celle de la communauté internationale. Israël attend, de la famille
des nations, qu’elle fasse respecter le consensus international déjà
approuvé par le Conseil de Sécurité de l’ONU concernant le Liban, et
de faire pression sur le gouvernement libanais pour qu’il applique
les résolutions
1559 et
1680, impose sa souveraineté sur la région frontalière avec
Israël et désarme le Hezbollah.
Pour soutenir cet effort, les dirigeants des pays du G8,
actuellement réunis à Saint Petersbourg, doivent entreprendre une
offensive diplomatique pour amener à un cessez-le-feu rapide qui
aboutira au retour des soldats israéliens kidnappés, au désarmement
du Hezbollah et à sa transformation en un groupe jouant un rôle
politique non violent.
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(Traduit
de l’hébreu par Menahem Macina)
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