|
Mahmoud al-Zahar, le ministre des Affaires
étrangères de l’Autorité Palestinienne (AP), a déclaré le 10
décembre dernier que le
cessez-le-feu signé avec Israël (le 26 novembre 2006) ne
constitue pas un acte de reconnaissance d’Israël, mais seulement une
démarche tactique parmi d’autres pour obtenir la « complète
libération » de la Palestine.
« Nous, les musulmans, sommes les propriétaires
uniques de toute la Palestine et nous n’abandonnerons aucune partie
de ce territoire » a-t-il dit devant les étudiants de l’Université
islamique de Gaza, ajoutant
que l’établissement d’un Etat
palestinien serait suivi d’une « entreprise culturelle islamique ».
Al-Zahar a demandé que l’AP
renonce à tous les accords signés avec Israël et a rejeté toute
coordination sécuritaire avec lui.
Le vice-ministre palestinien
des Affaires religieuses, Salah Alrakab, présent avec Al-Zahar, a
dit quant à lui aux étudiants que l’islam interdit de signer un
traité de paix avec les Juifs, car « le conflit avec les Juifs est
religieux, existentiel et n’a rien à voir avec les frontières. » Au
plus, a-t-il concédé, les lois islamiques permettent de signer une
« hudna », un cessez-le-feu temporaire (voir plus bas).
Il a ajouté que la libération
de la terre sera accomplie uniquement par la voie du jihad et grâce
à la mobilisation de la nation islamique, ce qui représente le
chemin le plus court pour restaurer les droits des Palestiniens et
faire reculer « l’avarice des Juifs ».
Quelques jours auparavant, alors que le Premier
ministre palestinien Ismaël Haniyeh était à Damas et à Téhéran
(début Décembre), il a répété que l’AP dirigée par le Hamas ne
reconnaîtrait jamais Israël et continuerait le jihad contre lui,
jusqu’à sa disparition.
Il a aussi déclaré que durant sa mandature, il
n’avait pas agi contre les groupes armés ni ne les avait empêchés de
commettre des actions contre Israël.
Le concept de hudna
Le terme de hudna signifie en arabe trêve.
La référence à ce terme prend sa source dans la vie
de Mahomet lorsqu’il signa le traité d’Hudaïbiya.
Le traité d’Hudaïbiya
En 629, la huitième année de l’hégire, Mahomet était
loin d’avoir répandu l’islam sur l’ensemble des tribus d’Arabie.
Avec ses disciples, il voulut entrer dans La Mecque, mais la tribu
des Qurayish l’en empêcha. N’étant pas en mesure de combattre les
Qurayish, il alla s’installer un peu plus loin, dans la plaine d’Hudaïbiya.
C’est là que le traité d’Hudaïbiya fut signé par le Prophète et les
Qurayish. Le traité instaurait une paix pour une période de 10 ans,
pendant laquelle les musulmans pouvaient aller à La Mecque et les
Qurayish pouvaient aller en Syrie en passant par les zones conquises
par les musulmans. L’accès à la Mecque ouvert, Mahomet respecta le
traité tant que le rapport de force était en sa défaveur. Quand il
eut conquis assez de monde pour s’opposer aux Qurayish, il les
attaqua et conquit La Mecque, deux ans après le traité d’Hudaïbiya.
Le précédent d’Hudaïbiya est si important qu’il
définit même la durée maximum d’une trêve temporaire : 10 ans.
En Juin 2003, alors qu’il était Premier ministre,
Mahmoud Abbas avait déjà péniblement conclu une trêve avec la
plupart des factions terroristes (il s’agissait alors de ce que les
Palestiniens appelèrent non hudna, mais taliq, terme arabe
plus faible qui désigne une suspension temporaire des actions
hostiles). Le Hamas annonçait déjà à ses militants qu’il avait signé
la trêve simplement pour préserver l’unité du peuple, et que cela
n’était qu’une étape stratégique (il an alla de même pour le Jihad
islamique).
|